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Lockheed P2V-7 Neptune

Exploration du Lockheed P2V-7 Neptune, un avion de lutte anti sous-marine, dépérissant dans une ancienne base de l’OTAN dans le Grand Est.

Photo urbex de l'avant du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est

Une célébrité

Mon pote me parle d’un avion militaire abandonné dans un aérodrome, quelque part dans le Grand Est. J’effectue des recherches, pour me rendre compte qu’il s’agit d’un spot d’urbex renommé dans la région, à l’instar du Sanatorium Simone Weber. D’autant qu’il a longtemps été accompagné de quatre autres appareils.
Il s’agit d’un Lockheed P2V-7 Neptune. Sorti des usines de Burbank (Californie) en 1959, il servit dans plusieurs flottilles de la Marine nationale. Jusqu’à son retrait en 1983 et son dépôt dans cette ancienne base de l’OTAN depuis la fin des années 1990.
Il est prévu pour être prochainement recueilli par le Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget, en Île-de-France. Allons-y avant qu’il ne soit trop tard !

Photo urbex de trois-quart avant du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est
Photo urbex du poste d'observation avant du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est
Verrière du poste d’observation avant

Sa place est dans un musée !

Cette réplique d’Indiana Jones aurait pu être lancée pour ces avions, puisque le projet d’origine prévoyait de les léguer à un musée créé à cet effet. Celui-ci n’a jamais vu le jour, les condamnant alors aux intempéries et au pillage pendant plus de vingt ans. Certains seront finalement démantelés ; d’autres, reconstruits. Tandis qu’une collection privée allemande met en avant des appareils prestigieux (Concorde, Bourane et 747, entre autres) à moins de quatre heures de Nancy, nous sommes incapables de valoriser notre patrimoine industriel et militaire. Un formidable gâchis.

Vue du train d'atterrissage avant du Lockheed P2V-7 Neptune
Train d’atterrissage avant
Photo urbex des moteurs du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est
Réacteur de 1,5 t de poussée à gauche, moteur 18 cylindres en étoile de 3’800 ch à droite

Lego pour adultes

Nous y sommes restés quelques heures, j’aurais pu y passer la journée. A mitrailler chaque surface, chaque composant de cet albatros. A en admirer ses lignes, sa construction. Seule la peinture défraîchie et les pièces corrodées témoignent des ravages du temps. Depuis l’extérieur, nous pourrions croire qu’un entretien rapide suffirait à lui faire reprendre les airs. Il en est autrement à l’intérieur.

Vue du radar du Lockheed P2V-7 Neptune
Radar
Sous l'aile gauche du Lockheed P2V-7 Neptune

Spartiate

Sièges, équipements, jauges, tout ou presque a disparu. Ne subsiste que l’essentiel. Suffisamment pour imaginer les conditions de vol difficiles des sept à neuf membres d’équipage, qui plus est avec les rares ouvertures vers l’extérieur. Sans oublier le vacarme des moteurs et réacteurs.
Chaque exploration est l’opportunité de découvrir un vestige du passé – meubles, machines, véhicules. Nous sommes ici dans le vestige lui-même, et non des moindres.

Train d'atterrissage principal du Lockheed P2V-7 Neptune
Train d’atterrissage principal
Derrière l'aile gauche du Lockheed P2V-7 Neptune

Le moustique et l’enclume

Grâce à mes amis – merci encore à eux ! – j’ai eu la chance de piloter récemment un Stampe SV4-RS. La réplique d’un biplan des années 1930, soit 315 kg et 100 ch volant à une vitesse maximale de 170 km/h. Cet avion d’entrainement de l’Armée de l’Air française a servi jusque dans les années 1960. Il n’est en rien comparable aux 33 t, 7’600 ch (sans les réacteurs) et 649 km/h du Lockheed P2V-7 Neptune. Et pourtant, les mêmes pilotes ont appris aux commandes du premier avant de passer à celles du second.

Photo urbex de trois-quart arrière du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est
Empennage et détecteur d'anomalies magnétiques du Lockheed P2V-7 Neptune
Détecteur d’anomalies magnétiques

Figure de proue

Je descends sous le cockpit et me faufile le long du train d’atterrissage avant. Après la pénombre, je découvre une cellule baignée de lumière. Je m’assois à l’emplacement de l’observateur, juste derrière la verrière. A quelques mètres de la surface de l’océan, les sensations devaient être incroyables !

Photo urbex du cockpit du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est
Poste de pilotage
Vue depuis le siège de pilote du Lockheed P2V-7 Neptune

Cuisine et dépendances

Après plusieurs postes opérateurs, je glisse par dessus le caisson central, pour découvrir ce qui ressemble… à une cuisinière. Elle dénote tellement dans ce décor que je doute qu’il s’agisse réellement de cela. D’autant que je n’ai trouvé aucune source le confirmant. Quoi qu’il en soit, avec un rayon d’action de 3’500 km, le Lockheed P2V-7 Neptune pouvait passer la journée en vol, d’où l’utilité de cet équipement.

Boutons de commande dans le cockpit du Lockheed P2V-7 Neptune
Vue vers la droite dans le cockpit du Lockheed P2V-7 Neptune

Au fond

Proches de l’empennage apparaissent des tubes lanceurs de bouées sonars et probablement de charges de profondeur.
Plus loin, deux postes d’observateurs, dont les sièges s’avèrent miraculeusement intacts. Deux grandes ouvertures pour scruter longuement la surface de l’eau. On imagine facilement le mélange de lassitude et de frustration émanant de cette fonction.

Commandes au plafond du cockpit du Lockheed P2V-7 Neptune
Vue du moteur en étoile gauche depuis l'extérieur du cockpit du Lockheed P2V-7

Au revoir ?

Comme évoqué dans les premières lignes de cet article, il est prévu que ce Lockheed P2V-7 Neptune soit bientôt recueilli par le Musée de l’Air et de l’Espace. Espérons que ce projet se concrétise, ce sera l’occasion pour toutes et tous de l’admirer dans son état d’origine, nous les premiers.

Photo urbex de l'intérieur du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est
Cockpit devant, bureaux des opérateurs radar et sonar, du navigateur et du commandant tactique à droite
Accès au poste d'observation avant du Lockheed P2V-7 Neptune
Soute du train d'atterrissage avant du Lockheed P2V-7 Neptune
Train d'atterrissage avant du Lockheed P2V-7 Neptune
Train d’atterrissage avant
Photo urbex dans le poste d'observation avant du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est
Poste d’observation avant
Vue de la piste depuis le poste d'observation avant du Lockheed P2V-7 Neptune
Boutons de commande du Lockheed P2V-7 Neptune
Intérieur du Lockheed P2V-7 Neptune
Caisson central faisant jonction entre les deux ailes
Photo urbex de la cuisinière du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est
Cuisinière ?
Tubes lanceurs de bouées sonars et probablement de charges de profondeur du Lockheed P2V-7 Neptune
Tubes lanceurs de bouées sonars et probablement de charges de profondeur
Photo urbex du poste d'observation arrière du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est
Poste d’observation arrière
A l'intérieur du Lockheed P2V-7 Neptune, vers le détecteur d'anomalies magnétiques
Vers le détecteur d’anomalies magnétiques
A l'intérieur du Lockheed P2V-7 Neptune, depuis le poste d'observation arrière
Depuis le poste d’observation arrière
Photo urbex d'un homme debout sur l'aile gauche du Lockheed P2V-7 Neptune dans le Grand Est

Exploration réalisée en septembre 2025.
Photos prises avec :
– Boîtier Nikon D750
– Objectif AF-S NIKKOR 16-35mm f/4G ED VR

6 commentaires sur “Lockheed P2V-7 Neptune”

  1. Phenomenal photographs and an even better write-up! Thank you for making this accessible to the world through your wonderful photography 🙂

    It’s sad to see these old planes just sitting there, waiting to be called back into operation. I feel as if my looking at a old friend. Thank you again 🙂

    1. Thank you very much for your comment, I appreciate it! Yes, it’s a shame to see it slowly dying, ravaged by the weather and looting. Let’s hope the museum project comes to fruition!

  2. Ayant été navigateur de 1972 a 1983 sur ce type d’avion aussi bien à la 25F qu’a la 12S je confirme qu’il s’agit bien d’une cuisinière qui ne servait que très peu, la base de nourriture du PN en vol a cette époque se réduisant au sandwich jambon beurre.
    Cordialement.

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