Une semaine de vacances à Londres, au printemps 2026, entre architecture, street art et ambiances urbaines.

London calling
J’écoute du rock anglais depuis mon adolescence (particulièrement les Beatles, Pink Floyd et Joy Division), apprécie le travail de nombreux réalisateurs britanniques (Terry Gilliam, Danny Boyle et Ridley Scott, entre autres), et pourtant j’ai toujours conservé une image négative du Royaume-Uni. Peut-être est-ce cette mentalité insulaire tant décriée en France, la persistance de reliquats d’un autre temps (monarchie, bus à impériale, maisons en brique rouge) ou toute autre raison inconscience que je ne m’explique pas. Cependant, par un processus tout aussi inconscient, je me décide soudainement de passer outre mes préjugés et de réserver nos billets – à l’un de mes frères et à moi – pour visiter Londres au printemps 2026.
D’air et d’images
Dès notre sortie de la gare de Saint-Pancras, je suis surpris par la variété des architectures. Là où les grands axes parisiens s’avèrent répétitifs et anxiogènes avec leurs immeubles haussmanniens tous semblables et de même hauteur, aucun ne ressemble à un autre à Londres. Qui plus est, la bien moindre densité de la capitale britannique produit une impression de sérénité quasiment absente de son homologue française. Son aspect hétérogène la rend très photogénique, notamment la City – le quartier d’affaires –, dans lequel nous avons passé de nombreuses heures.
Pig on the wing
Nous logeons chez l’habitant à proximité de la Battersea Power Station, le bâtiment en couverture de l’album Animals de Pink Floyd. L’occasion de reboucler avec notre passion pour le rock et de constater l’immensité de cette structure, plus grand bâtiment en briques d’Europe. Au point qu’elle pourrait contenir la cathédrale Saint-Paul de Londres, elle-même plus imposante que Notre-Dame de Paris.
L’île aux chiens
A celui historique et central de la City, répond le second centre financier de Londres : Canary Wharf. Construit dans les années 1980, à l’est de la ville, dans le quartier alors sinistré des docks, il présente une architecture rectiligne typique de l’époque. Quasiment dépeuplé au moment de notre visite, le lieu me donne l’impression d’explorer une ville fantôme.
A table !
Comment un Français pourrait évoquer ses vacances au Royaume-Uni, sans traiter celui de la gastronomie anglaise ? Pour reprendre une expression québécoise, c’était pas si pire que ça. Nous abusons évidemment du petit déjeuner typique – oeufs, bacon, toasts beurrés, haricots blancs à la sauce tomate et saucisse grillée – et du fish and chips – du poisson frit dans de la pâte et servi avec des frites –, dont la densité calorique élevée de ce dernier permet de nous rassasier à moindres frais. Un régal ! Par ailleurs, nous savourons dans un pub le bangers and mash – saucisse-purée –, plat typique de la cuisine… de pub. Enfin, nous survolons régulièrement l’Atlantique pour nous bourrer de pancakes au sirop d’érable, dans la chaîne Breakfast Club. Aucun lien commercial entre eux et moi, mais s’ils décident un jour de traverser la Manche, je veux bien travailler pour eux comme client mystère !
Rien de très varié ni de très sain dans ce que nous mangeons, vous me direz. Certainement, je vous répondrai. En ajoutant que nous n’avons goûté qu’une infime partie de la gastronomie britannique et que je m’attacherai à davantage de variété lorsque j’y retournerai.
Culture pub
Puisque nous sommes dans les arts de la table, évoquons une véritable institution : les pubs anglais. Le lieu de socialisation par excellence de ce côté-ci de la Manche, que ni les apéros et fêtes en appartement, ni Netflix, n’ont encore supplanté. Ce qui s’avère tout-à-fait compréhensible, au vu de l’offre et de la qualité des établissements. Pas un coin de rue sans un pub, pas un pub sans la possibilité de manger et de regarder du sport. Bien que très peu intéressé par l’exercice, je me surprends à suivre du foot anglais, entre deux pintes et un fish and chips. Et quand certains d’entre eux semblent inchangés depuis plusieurs siècles, avec boiseries, décoration impériale et ambiance tamisée, ça vaudrait presque – je dis bien « presque » – nos bons vieux PMU !
Bis repetita
A l’opposé du spectre social, nous nous rendons à Kensington puis Notting Hill. Lieu de résidence de la haute bourgeoisie et des célébrités londoniennes, nous expliquera un chauffeur privé rencontré dans un pub. Cependant, arrivés dans les rues en questions, l’architecture y est ce que Steve Reich est à la musique : répétitive. Une succession de manoirs, certes, mais tous identiques. Des dizaines. De quoi rivaliser avec le classicisme haussmannien. Plus loin, nous découvrirons une ambiance bien plus pittoresque, avec d’anciennes écuries transformées en habitation.
Lock en stock
Nous nous dirigeons vers le nord, en faisant un crochet par Abbey Road, lieu de pèlerinage pour mon frère et moi. Les studios ne sont pas visitables, mais la boutique attenante saura vous délester avec talent de quelques livres pour une babiole. Ce sera aussi l’occasion de contribuer au blocage touristique permanent de la circulation, en reproduisant tant bien que mal la photo mythique de l’album du même nom des Beatles.
Notre périple musical continue en direction de Camden, un ancien quartier punk, désormais plus largement tourné vers les cultures alternatives. Nous dévorons un fish and chips dans The Hawley Arms, un pub où Amy Winehouse avait ses habitudes, puis nous dirigeons vers une écluse avec une péniche en pleine manoeuvre. J’immortalise l’instant, alors que le batelier m’explique qu’il est intéressé par mes photos, pour son site de livraison de bateaux. Je les lui envoie à mon retour de Londres, dont l’une apparaît en entête de son site. Pas mal, non ? C’est français !
Nos futurs
Un groupe de punks se tient de l’autre côté du pont où je me suis posté pour immortaliser le batelier. Qu’y a-t-il de plus anglais qu’eux et la reine ? A défaut d’être invité à Buckingham et d’apercevoir le fantôme de cette dernière, je vais à la rencontre des kepons. Ils acceptent que je les prenne en photo, l’un d’eux – zombiepunk4 – posant pour le plus grand bonheur du bon gros touriste que je suis.
Cette semaine à Londres touche à sa fin. Nous aurons tenté de voir et visiter le plus de choses possibles, et nous n’avons fait qu’effleurer la surface de cette ville immense et humaine, variée et reconnaissable entre mille. Nous y reviendrons, c’est certain.

Article publié en avril 2026.
Photos prises avec :
– Boîtier Nikon D750
– Objectif Tamron 24-70mm f/2.8 G2
– iPhone 15 Plus

















































































